La société peut-elle se passer de l'Etat?
Dernière mise à jour : 4 oct.

La société peut-elle se passer de L’État ?
Introduction :
Notions à distinguer de celles d’État :
- Nation : groupe humain caractérisé par la conscience de son unité et sa volonté de vivre en commun.
- Gouvernement : organe politique exerçant le pouvoir dans un État.
a) Approche du problème :
Qu’est-ce qui permet d’assurer la cohésion d’un groupe ?
Un leader ; un président ; un monarque…
On pourrait penser que la cohésion d’un groupe est assurée par un chef, un dirigeant.
En quoi cela peut-il s’avérer insuffisant ?
Caprices du prince, mortalité, versatilité.
Néanmoins, la stabilité que peut assurer un individu est toujours précaire.
Il faut donc autre chose qu’un dirigeant, fût-il compétent et fiable. Or, par exemple, que se passe-t-il quand un président de la République meurt ou démissionne au cours de son mandat ?
C’est le président du Sénat qui assure l’intérim en attendant des élections anticipées.
Comment se fait-il que ça se passe de cette manière ?
C’est à cela que sert la hiérarchisation du pouvoir.
Ce ne sont donc pas les personnes en elles-mêmes qui dirigent…
… mais elles sont investies d’un pouvoir qu’elles héritent de leur fonction.
Ce qui nous commande, ce n’est pas la personne, mais c’est la fonction.
Il est donc nécessaire que le pouvoir réside dans la fonction elle-même.
Il faut alors établir des institutions, pour définir ces fonctions.
Or l’Etat (status : ce qui se tient debout) peut être défini comme l’institution qui organise toutes les autres entre elles.
Or quels sont les objectifs fondamentaux d’un Etat ?
- le maintien de l'intégrité territoriale
- et le maintien de la cohésion sociale.
A ce titre, il semble que L’Etat soit la meilleure garantie de la cohésion sociale et territoriale.
b) Mise en crise (problématisation) :
Mais les États sont-ils toujours effectivement à la recherche du bien commun ?
La politique, au sens de l’affrontement partisan visant à prendre le pouvoir, semble plutôt participer à la déstabilisation.
Mais la politique ≠ le politique
Le politique est ce qui prend en charge la vie de la cité (polis).
Comment ?
Le politique n’est pas réductible à la prise en charge de la conflictualité sociale.
Il consiste plutôt dans la mise en question des institutions, et la recherche des normes universelles et rationnelles de la vie communautaire, dans le but d’assurer l’unité et la pérennité de la communauté.
Pour autant, si l’État est une incarnation du politique, défini comme recherche des normes de la vie communautaire,
Il est également l’enjeu de la politique, comprise comme lutte pour le pouvoir.
Par conséquent, l’État permet d’organiser la société, mais est toujours susceptible de servir un groupe social davantage qu’un autre.
Exemples
Ordres dynastiques : le roi est mort, vive le roi.
Ploutocratie : direction par les plus riches.
Etats religieux : imposition d’un ordre moral particulier aux citoyens.
Par conséquent, le danger existe que ses représentants favorisent une partie du corps social au détriment d’une autre.
Dès lors, soit il se montre à même de défendre le bien commun, auquel cas il est effectivement nécessaire.
Soit les conditions inhérentes à l’exercice du pouvoir l’en empêchent, remettant ainsi son autorité en question.
L’enjeu, on le voit, consiste pour l’État à légitimer son pouvoir par la garantie de l’unité de la société.
c) Structure de la démonstration (plan) :
Nous verrons dans une première partie que si l’État est l’actualisation du politique comme recherche naturelle du bien commun,
On ne peut ignorer que la politique est un rapport de pouvoir, et que la nature de l’État en est nécessairement affectée, ce que nous verrons dans un second temps.
Le problème est que si l’État doit dominer le peuple pour assurer sa cohésion, alors il s’en exclut de fait, instaurant une division entre dominants et dominés.
Et donc une captation du politique par une part de la population seulement.
Dès lors, il faudra nous demander en dernier lieu si l’Etat n’est pas voué à dominer illégitimement la société.
Si c’était le cas, alors l’État devrait trouver dans le peuple des contre-pouvoirs suffisamment efficaces pour que sa nécessité ne soit pas remise en question.
En effet, l’État n’est nécessaire que tant qu’il assure sa mission d’unification et de stabilisation de la société. Dès lors qu’il participe à sa division, il perd toute légitimité.
I) L’Etat permet de réaliser l’excellence humaine :
A. Argumentation :
1. L’homme est un animal politique :
L’intérêt de la pérennité de l’espèce contraint les hommes à se rassembler.
Quelle première forme de rassemblement ?
Gaïa et Ouranos ; Adam et Eve ; etc.
Le premier groupe humain semble être le couple, puis viennent la famille et le village.
Or, les solidarités ainsi réunies pourraient se suffire à elles-mêmes.
Pourquoi ces communautés auraient-elles alors besoin d’institutions séparées ?
TEXTE 1
« La Cité fait partie des choses naturelles, et l’homme est par nature un animal politique […]. De plus une cité est par nature antérieure à une famille et à chacun de nous. Le tout, en effet, est nécessairement antérieur à la partie, car le corps entier une fois détruit, il n’y a plus ni main ni pied, sinon par homonymie, comme quand on parle d’une main de pierre, car toutes les choses se définissent par leur fonction et leur vertu, de sorte que quand elles ne les ont plus, il ne faut pas dire qu’elles sont les mêmes, mais qu’elles n’ont que le même nom. Que donc la cité soit à la fois par nature et antérieure à chacun de ses membres, c’est clair. S’il est vrai, en effet, que chacun pris séparément n’est pas autosuffisant, il sera dans la même situation que les autres parties vis-à-vis du tout, alors que celui qui n’est pas capable d’appartenir à une communauté ou qui n’en a pas besoin parce qu’il se suffit à lui-même n’est en rien une partie d’une cité, si bien que c’est soit une bête soit un dieu. C’est donc par nature qu’il y a chez les hommes une tendance vers une communauté de ce genre. » Aristote, Politiques, I, 2.
Quelle est la thèse du texte ?
On peut penser avec Aristote que le politique, est comme inscrit dans la destination de l’homme : « L’homme est par nature un zoôn politikon ».
Discussion de la thèse : trouver des arguments contradictoires, des points d’étonnement.
Ne pourrait-on pas dire plutôt que l’homme tendrait naturellement à vivre en famille ?
Il faut comprendre que le tout précède la partie, car les parties ne sont que des moyens en vue d’atteindre le tout.
Comment comprendre cette thèse ?
Le finalisme aristotélicien :
Le primat des causes finales :
4 causes : la cause matérielle, la cause efficiente (qui produit un effet), la cause finale et la cause formelle.
Ex de la statue : la cause matérielle est le marbre ; la cause efficiente est le sculpteur ; la cause formelle est la configuration de la statue ; la cause finale est ce en vue de quoi est faite la statue.
Le primat de la cause finale implique que celui qui a la meilleure connaissance de la selle est le cavalier et non l’artisan.
La science s’occupe des trois premières causes, la métaphysique, de la dernière. La philosophie d’Aristote est un finalisme.
« … la nature est fin : ce que chaque chose, en effet, est une fois que sa genèse est complètement achevée, c’est cela que nous disons être la nature de cette chose. » Aristote, La politique.
Aristote illustre cette thèse par l’analogie de la cité avec le corps humain.
La main d’un cadavre n’est plus à proprement parler une main.
Ainsi, la main n’est main qu’en tant qu’elle accomplit sa fonction au sein du tout qu’est le corps.
De même, la famille n’est famille qu’en tant qu’elle appartient à une cité qu’elle contribue à rendre autarcique.
L’autarcie est la fin du dvpt naturel. La cité n’existe ainsi qu’en vue d’elle-même.
Pourquoi faudrait-il concevoir l’autarcie comme la valeur ultime ?
Parce qu’elle est le moyen de réaliser les plus hautes dispositions de l’homme.
Il faut comprendre que certes, la cité est génétiquement la dernière des communautés, mais la première selon l’ordre des fins.
Le tout précède la partie, car les parties ne sont que des moyens en vue d’atteindre le tout.
Analogie cité/corps humain :
La main n’est main qu’en tant qu’elle accomplit sa fonction au sein du tout qu’est le corps.
Par analogie, la famille n’est famille qu’en tant qu’elle appartient à une cité qu’elle contribue à rendre autarcique.
La cité est donc première et c’est la raison pour laquelle l’homme est naturellement politique.
Sa nature est de tendre vers son bien propre, qui est de combler ses besoins en participant à la cité. Il atteint ainsi l’excellence de ce qu’il est.
Cela se comprend par ce qu’implique l’axiome selon lequel « la nature ne fait rien en vain ».
Il signifie que chaque individu tend, par ce qui le définit, vers un état achevé.
Paradigme technique de l’outil par opposition au paradigme moderne de l’individu créateur de lui-même.
Cet achèvement est sa fin au sens d’état terminal, et sa fin au sens du but de son existence.
Tout ce qui le caractérise est alors un moyen permettant de parvenir à ce but final.
La cité est conforme à la nature d’être intermédiaire de l’homme.
Toute autre vie humainement possible serait pire.
TXT 2 _ Justification de la thèse
« C’est pourquoi il est évident que l’homme est un animal politique plus que n’importe quelle abeille et n’importe quel animal grégaire. Car, comme nous le disons la Nature ne fait rien en vain : or seul parmi les animaux l’homme a un langage (logos). Certes la voix (phonè) est le signe exprimant ce qui est douloureux ou agréable, aussi la rencontre-t-on chez les animaux ; leur nature, en effet, est parvenue jusqu’au point d’éprouver la sensation du douloureux et de l’agréable et de pouvoir se les signifier mutuellement. Mais le langage (logos) existe en vue de concevoir et d’exprimer ce qui est avantageux et ce qui est nuisible, et par suite aussi, le juste et l’injuste. Il n’y a en effet qu’une chose qui soit propre aux hommes par rapport aux autres animaux : le fait que seuls ils aient la perception du bien, du mal, du juste, de l’injuste et des autres notions de ce genre. Or avoir de telles notions en commun c’est ce qui engendre famille et Cité. » ibid.
Axiome : « la nature ne fait rien en vain » = la nature n’a ni brouillon ni raté.
Or, l’homme est le seul de tous les animaux à posséder un langage.
Par application de l’axiome, il doit donc y avoir une raison à cette différence naturelle.
Ceci dit, certains animaux semblent bien communiquer, puisqu’ils sont capables d’articuler des sons significatifs.
C’est qu’il ne faut pas confondre la voix (phonè) et le langage (logos).
Si la voix peut dire « j’ai mal », seul le langage peut dire « c’est mal ».
Il s’agit alors de communiquer des valeurs, au-delà des affects.
Donnez des exemples de valeurs en les distinguant des affects.
Ex du chat qui veut des boulettes, mais qui ne dit pas qu’il est injuste qu’il n’en obtienne que rarement.
Quelle différence cela instaure-t-il dans les relations humaines ?
Or mettre en commun les valeurs, c’est instituer une voie d’accès au politique, conçu comme recherche du bien commun par la délibération d’une communauté pluraliste de citoyens.
TXT3_Illustration porcs-épics
« Par une froide journée d’hiver un troupeau de porcs-épics s’était mis en groupe serré pour se garantir mutuellement contre la gelée par leur propre chaleur. Mais tout aussitôt ils ressentirent les atteintes de leurs piquants, ce qui les fit s’écarter les uns des autres. Quand le besoin de se réchauffer les eut rapprochés de nouveau, le même inconvénient se renouvela, de sorte qu’ils étaient ballottés de çà et de là entre les deux maux jusqu’à ce qu’ils eussent fini par trouver une distance moyenne qui leur rendît la situation supportable. Ainsi, le besoin de société, né du vide et de la monotonie de leur vie intérieure, pousse les hommes les uns vers les autres ; mais leurs nombreuses manières d’être antipathiques et leurs insupportables défauts les dispersent de nouveau. La distance moyenne qu’ils finissent par découvrir et à laquelle la vie en commun devient possible, c’est la politesse et les belles manières. » Schopenhauer, Aphorisme sur la sagesse dans la vie.
Se piquer : ne pas être d’accord
Se rapprocher : discuter
Bonne distance : compromis politique.
La nature de l’homme, en tant qu’être doué de logos, le destine donc bien dès l’origine, à l’entreprise politique.
B. Conclusion :
L’entreprise politique apparaît bel et bien comme la réalisation naturelle de l’excellence de l’espèce humaine.
Et dans cette optique, l’Etat, en tant que titulaire abstrait et permanent d’un pouvoir visant l’intérêt général, semble correspondre à sa concrétisation institutionnelle.
Dès lors, en tant qu’il est le moyen d’accomplir les facultés supérieures de l’espèce, on ne saurait s’en passer.
C. Transition :
Pourtant, Socrate put être condamné à mort, à cause de l’organisation démocratique athénienne.
Socrate (469 av.JC-399av JC)
- Méthode : instiller le doute chez ses interlocuteurs, par un questionnement permanent sur l’essence des choses : qu’est-ce que le beau, le bien, le bon ?
- S’oppose à l’art de la persuasion des sophistes.
Socrate est accusé par un citoyen, Mélétos, soutenu par deux autres, Anytos et Lycon, de « corrompre la jeunesse et de ne pas croire aux dieux qu’honore la cité, mais de croire en d’autres choses, des affaires de démons d’un nouveau genre. »
Mais d’où provient cette accusation ?
TXT4
« Mais, Socrate, que fais-tu donc ? Et d'où viennent ces calomnies que l'on a répandues contre toi ? Car si tu ne faisais rien de plus ou autrement que les autres, on n'aurait jamais tant parlé de toi. Dis-nous donc ce que c'est, afin que nous ne portions pas un jugement téméraire. Rien de plus juste assurément qu'un pareil langage ; et je vais tâcher de vous expliquer ce qui m'a fait tant de réputation et tant d'ennemis. […] Vous connaissez tous Chérephon, c'était mon ami d'enfance ; il l'était aussi de la plupart d'entre vous ; il fut exilé avec vous, et revint avec vous. Vous savez donc quel homme c'était que Chérephon, et quelle ardeur il mettait dans tout ce qu'il entreprenait. Un jour, étant allé à Delphes, il eut la hardiesse de demander à l'oracle (et je vous prie encore une fois de ne pas vous émouvoir de ce que je vais dire) ; il lui demanda s'il y avait au monde un homme plus sage que moi : la Pythie lui répondit qu'il n'y en avait aucun. A défaut de Chérephon, qui est mort, son frère, qui est ici, pourra vous le certifier. Considérez bien, Athéniens, pourquoi je vous dis toutes ces choses, c'est uniquement pour vous faire voir d'où viennent les bruits qu'on a fait courir contre moi. Quand je sus la réponse de l'oracle, je me dis en moi-même : que veut dire le dieu ? Quel sens cachent ses paroles ? Car je sais bien qu'il n'y a en moi aucune sagesse, ni petite ni grande ; Que veut-il donc dire, en me déclarant le plus sage des hommes ? Car enfin il ne ment point ; un dieu ne saurait mentir. Je fus longtemps dans une extrême perplexité sur le sens de l'oracle, jusqu'à ce qu'enfin, après bien des incertitudes, je pris le parti que vous allez entendre pour connaître l'intention du dieu. J'allai chez un de nos concitoyens, qui passe pour un des plus sages de la ville ; et j'espérais que là, mieux qu'ailleurs, je pourrais confondre l'oracle, et lui dire : « Tu as déclaré que je suis le plus sage des hommes, et celui-ci est plus sage que moi ». Examinant donc cet homme, dont je n'ai que faire de vous dire le nom, il suffit que ce fût un de nos plus grands politiques, et m'entretenant avec lui, je trouvai qu'il passait pour sage aux yeux de tout le monde, surtout aux siens, et qu'il ne l'était point. Après cette découverte, je m'efforçai de lui faire voir qu'il n'était nullement ce qu'il croyait être ; et voilà déjà ce qui me rendit odieux à cet homme et à tous ses amis, qui assistaient à notre conversation. Quand je l'eus quitté, je raisonnai ainsi en moi-même : « Je suis plus sage que cet homme ». Il peut bien se faire que ni lui ni moi ne sachions rien de fort merveilleux ; mais il y a cette différence que lui, il croit savoir, quoiqu'il ne sache rien ; et que moi, si je ne sais rien, je ne crois pas non plus savoir. Il me semble donc qu'en cela du moins je suis un peu plus sage, que je ne crois pas savoir ce que je ne sais point. » Apologie de Socrate, Platon
Ainsi, Socrate considère l’ignorance comme préférable à l’opinion.
Mais en démocratie, puisqu’il faut persuader dans les assemblées délibératives, il est préférable de postuler une opinion plutôt que d’assumer une ignorance.
C’est notamment cela qui rend Socrate insupportable aux hommes de pouvoir de la cité athénienne.
Or, l’opinion est instable, ce qui conduira la cité à l’anarchie, puis au recours à un homme providentiel, le tyran, pour poser des bornes à la satisfaction illimitée des désirs.
Faut-il alors comprendre que la possibilité du triomphe de la persuasion sur la conviction (repère) remettrait en cause l’avènement naturel du bien commun ?
DEUXIEME PARTIE REDIGEE
Nous allons voir que la société ne peut se passer de la force de l’État, laquelle ne peut découler que d’une élaboration artificielle, et non uniquement naturelle. Thèse
Si les rapports spontanés qu’entretiennent les communautés humaines peuvent avoir pour effet d’instaurer une dynamique politique, grâce aux facultés rationnelles permettant la poursuite du bien commun, ils impliquent par ailleurs, et nécessairement, une conflictualité qui concrètement, met en danger la paix civile. Réflexion personnelle
En effet, l’histoire nous rappelle obstinément que les passions peuvent pervertir l’exercice politique. Ainsi, depuis les ambitions démesurées de Néron ou de Caligula, jusqu’aux multiples condamnations d’hommes politiques contemporains, en passant par les interminables guerres de religion des XVIè et XVIIè siècles opposant catholiques et protestants, il semble que la capacité à parvenir à un consensus raisonnable le cède trop souvent soit à l’avidité de pouvoir, soit encore à la pure haine de l’autre. Exemples
Par conséquent, comme le montre Hobbes (1588-1676), il est nécessaire de prendre en compte, au-delà de la finalité idéale de l’histoire humaine, les rapports sociaux réels des individus. Or, ainsi que le relève le philosophe anglais, ces derniers sont marqués par les passions naturelles qui favorisent la « guerre de tous contre tous », au nom des intérêts particuliers de chacun. De l’instinct de conservation de l’homme, découlerait en effet le sentiment d’un droit à user de tous les moyens pour défendre ses intérêts propres, au détriment de l’intérêt collectif. Il apparaît donc indispensable de contraindre les citoyens, par la « crainte des châtiments », à respecter le bien commun. Il s’agit ainsi d’empêcher les rapports naturels, par l’abandon consenti du droit à exprimer des intérêts particuliers. La République ainsi fondée est représentée chez Hobbes par la métaphore du Léviathan. La figure de ce monstre mythique capable de bouleverser l’ordre du monde conjuguant l’exercice de la force, et l’adhésion de chacun recherchant sa propre sécurité, elle permet de concevoir l’Etat comme disposant de tous les droits envers ses sujets, ce que l’on nomme la « souveraineté absolue », et représentant dans le même temps chacun dans une unité publique. Thèse philosophique
La forme républicaine ainsi créée ne s’apparente donc ni à un pouvoir arbitraire écrasant autoritairement les citoyens, ni à une pure structure juridique reposant sur le sens du devoir civique. Le pouvoir de la force est donc rendu légitime, c’est-à-dire justifié par la justice de son principe, par le contrat représentant la volonté de chacun de vivre en paix. Travail conceptuel.
On a donc vu que la destination politique de l’homme, fondée sur sa raison, n’était pas suffisante pour réaliser l’essence du politique, c’est-à-dire la recherche du bien commun. Il y faut également, du fait de la prééminence des passions humaines, la force coercitive de l’État. Sans ce dernier, il semble en effet que les peuples soient voués à la guerre perpétuelle. Conclusion
III) La société doit contrôler les institutions qui la régissent :
a) Argumentation :
Ø Que l’État régule les passions humaines apparaît comme une condition nécessaire à la cohésion sociale.
Ø Néanmoins, peut-il pour cela s’immiscer jusque dans la sphère privée,
Ø Sans dans le même temps risquer d’instaurer ce qu’Alexis de Tocqueville (1805-1859) nomme un despotisme doux » ?
DEBAT
Est-il souhaitable que l’Etat s’occupe de la santé des citoyens ?
Le vrai problème de l’hygiénisme, c’est d’estimer qu’il est légitime politiquement d’interdire à un individu de faire du mal à sa propre santé. En cela l’hygiénisme est incompatible avec l’esprit de la démocratie. L’esprit de la démocratie, c’est d’empêcher les gens de faire du mal à autrui.
Aspect économique/Foucault :
Si l’État veut contrôler les corps, c’est pour les réduire à des agents économiques prévisibles.
« l’économie va donc pouvoir se définir comme la science de la systématicité des réponses aux variables d’un milieu. » Foucault
L’humanité de l’homme tient aussi à sa « carcasse de nuit » (Foucault).
TXT 12
« Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde : je vois une foule innombrable d’hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme. Chacun d’eux, retiré à l’écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres : ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l’espèce humaine ; quant au demeurant de ses concitoyens, il est à côté d’eux, mais il ne les voit pas ; il les touche et il ne les sent point ; il n’existe qu’en lui-même et pour lui seul, et, s’il lui reste encore une famille, on peut dire du moins qu’il n’a plus de patrie. » Tocqueville, De la démocratie en Amérique, t. II, quatrième partie, Pagnère, p. 357.
1.
ð Comment Tocqueville décrit-il la situation des hommes dans la démocratie contemporaine ?
« une foule innombrable d’hommes semblables et égaux ».
Ø Tocqueville remarque en effet que l’âge démocratique (à partir du XIXème) se caractérise par une égalisation émancipatrice des conditions,
ð Or, quelles conséquences cette égalisation a-t-elle sur les mœurs ?
Tocqueville s’interroge sur l’impact de l’égalisation des conditions sur l'âme humaine : sur la manière dont les individus réagissent face à la perte des hiérarchies anciennes et à l’émergence d’une société où tout le monde semble égal. Dans ce contexte, il observe une montée de l’individualisme, du matérialisme et de l’enfermement dans la sphère privée, qui peuvent isoler les individus et les rendre moins capables de participer activement à la vie politique.
Paradoxe de Tocqueville : plus une situation s'améliore (liberté, revenus...), plus l'écart avec la situation idéale (inégalités, pauvreté, corruption) est ressenti subjectivement comme intolérable par ceux-là mêmes qui bénéficient de cette amélioration.
Cela se manifeste par deux tendances que Tocqueville a pu observer aux États-Unis :
Le recul (objectif) de l'inégalité augmente la frustration (subjective) liée aux désirs d'égalité non satisfaits.
La frustration (subjective) augmente avec la progression (objective) dans l'échelle sociale.
Ø Mais cette dernière se mue en « passion de l’égalité », c’est-à-dire en l’exigence d’une absence de distinction entre les individus.
[méfiance accrue des citoyens enviant chez les autres ce qu’eux ne possèdent pas.]
Par ailleurs, la passion de l’égalité s’accompagne d’une rupture du lien social, par la méfiance qu’elle provoque entre les concitoyens.
« Il ne faut pas se dissimuler que les institutions démocratiques développent à un très haut degré́ le sentiment de l’envie dans le cœur humain. Ce n’est point tant parce qu’elles offrent à chacun les moyens de s’égaler aux autres, mais parce que ses moyens défaillent sans cesse à ceux qui les emploient. Les institutions démocratiques réveillent et flattent la passion de l’égalité́ sans pouvoir jamais la satisfaire entièrement. Cette égalité́ complète s’échappe tous les jours des mains du peuple au moment où il croit la saisir, et fuit, comme dit Pascal, d’une fuite éternelle ; le peuple s’échauffe à la recherche de ce bien d’autant plus précieux qu’il est assez près pour être connu, assez loin pour n’être point goûté. La chance de réussir l’émeut, l’incertitude du succès l’irrite ; il s’agite, il se lasse, il s’aigrit. Tout ce qui le dépasse par quelque endroit lui parait alors un obstacle à ses désirs, et il n’y a pas de supériorité́ si légitime dont la vue ne fatigue ses yeux. » OC, I,1,204
• Revendication de l’indistinction rend l’autre enviable.
• Paradoxe de l’accroissement de l’égalité qui renforce le sentiment d’inégalité
• Rupture sociale, repli sur la sphère privée.
2.
ð Et qu’entraîne-t-telle comme type de gouvernement ?
TXT12 (Suite)
« Au-dessus de ceux-là s’élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d’assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l’âge viril ; mais il ne cherche, au contraire, qu’à les fixer irrévocablement dans l’enfance ; il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu’ils ne songent qu’à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur, mais il veut en être l’unique agent et le seul arbitre ; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages ; que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre ? […] » Tocqueville, De la démocratie en Amérique, t. II, quatrième partie, Pagnère, p. 357.
ð Comment cette égalité est-elle produite ?
« un pouvoir immense et tutélaire, »
« Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux. »
L’État se dote d’une administration de plus en plus puissante, laquelle conduit à la régulation de toutes les sphères de l’existence.
Par ailleurs, l’égalité se paie d’une soumission toujours plus grande au pouvoir, garant de cette égalité.
Puisque tous les citoyens doivent tendre vers l’égalité, les hiérarchies dans la société civile sont refusées, à l’exception de celle seule du pouvoir central lui-même, dont on ne peut pas se passer.
Ainsi, le gouvernement a intérêt à encourager l’uniformité pour renforcer l’exclusivité de sa puissance.
Il en résulte une centralisation et une tendance populiste du pouvoir (il faut aller dans le sens de la masse homogène pour ne pas avoir à prendre en compte les différences, et ainsi gouverner plus facilement).
Ø Or, cela entraîne l’accroissement d’un pouvoir centralisé, seule hiérarchie tolérée parce qu’elle est garante de cet ordre égalitaire.
On aime le pouvoir qui égalise, tout en haïssant les représentants du pouvoir qui s’extraient du fait qu’ils le possèdent, de l’égalité fantasmée.
Ø L’État est alors amené à réguler toutes les sphères de l’existence.
3.
ð Or quels effets politiques cette égalisation des droits a-t-elle ?
« les fixer irrévocablement dans l’enfance »
Les hommes, assurés des mêmes droits, ne trouvent plus d’intérêt à s’investir dans la recherche du bien commun, par la confrontation de leurs valeurs et de leurs idéaux.
Ø Or, ce « paternalisme infantilisant » dispense progressivement les citoyens de s’investir politiquement.
Le despotisme doux amène donc à la dépolitisation des peuples démocratiques, c’est-à-dire à l’appauvrissement de la capacité du citoyen à élaborer une réflexion proprement politique.
Ø Et du fait que lorsqu’on ne maîtrise pas les enjeux d’une question, d’un problème, on ne se réfère plus qu’à ses affects,
Ø Il en résulte la substitution de la revendication individualiste passionnelle (foule) à la discussion politique rationnelle (peuple).
Une foule est une entité spontanément morale. Son signe distinctif est d’exclure les déviances, de récuser les opinions dissonantes. Elle vise l’unité.
Un peuple est une communauté pluraliste qui se définit par sa capacité à élaborer le bien commun, à travers l’acceptation du débat et donc de la pluralité des positions.
Autrement dit, vous êtes libre de faire ce que vous voulez, mais si vous ne vous conduisez pas conformément à la doxa collective, vous serez regardé comme on regarde une femme enceinte qui fume à un arrêt de bus… Il y a là une intuition fabuleuse : l’individualisme outrancier, loin d’être l’ennemi du despotisme, est, à l’inverse, à la fois grégaire et manipulable, à condition que ceux qui tirent les ficelles le confortent dans l’illusion qu’il est l’auteur de ses propres choix.
Ø C’est la « tyrannie de la majorité » (Tocqueville), c’est-à-dire l’oppression par la normalisation de la logique grégaire.
4.
ð En quoi le pouvoir de la majorité est-il un problème ?
TXT 13
« Qu’est-ce donc qu’une majorité prise collectivement, sinon un individu qui a des opinions et le plus souvent des intérêts contraires à un autre individu qu’on nomme la minorité ? Or, si vous admettez qu’un homme revêtu de la toute-puissance peut en abuser contre ses adversaires, pourquoi n’admettez-vous pas la même chose pour une majorité ? Les hommes, en se réunissant, ont-ils changé de caractère ? Sont-ils devenus plus patients dans les obstacles en devenant plus forts ? Pour moi, je ne saurais le croire ; et le pouvoir de tout faire, que je refuse à un seul de mes semblables, je ne l’accorderai jamais à plusieurs. […] Il n’y a donc pas sur la terre d’autorité si respectable en elle-même, ou revêtue d’un droit si sacré, que je voulusse laisser agir sans contrôle et dominer sans obstacles. Lors donc que je vois accorder le droit et la faculté de tout faire à une puissance quelconque, qu’on l’appelle peuple ou roi, démocratie ou aristocratie, qu’on l’exerce dans une monarchie ou dans une république, je dis : là est le germe de la tyrannie, et je cherche à aller vivre sous d’autres lois. […] » Tocqueville, De la démocratie en Amérique.
C’est que le propre de l’opinion publique est de ne presque jamais apparaître comme pouvoir, et donc comme quelque chose dont il faudrait se défier. Le refus des hiérarchies fait apparaître l’opinion publique comme la seule autorité acceptable, parce qu’elle n’apparaît pas comme un pouvoir. L’empire de la majorité́ exercerait ainsi une censure plus efficace et plus impitoyable que l’Inquisition 6 8 . Le culte de l’unité de la pensée : L’unité́, c’est donc là ce qu’il recherche partout et qu’il voudrait d’ailleurs transposer dans la réalité́ sociale, si on lui en donnait les moyens.
ð Décrire les mécanismes permettant à la foule d’exercer une tyrannie, autant sur la société que sur l’État lui-même.
- L’opinion publique est acceptée parce qu’elle n’apparaît pas comme un pouvoir. Le refus des hiérarchies la fait apparaître comme le seul pouvoir acceptable.
- Le rôle de la persuasion (mort de Socrate)
- Le maître n’y dit plus : vous penserez comme moi, ou vous mourrez ; il dit : vous êtes libres de ne point penser comme moi ; votre vie, vos biens, tout vous reste ; mais de ce jour, vous êtes un étranger parmi nous. Vous garderez vos privilèges à la cité, mais ils vous deviendront inutiles […] Quand vous vous approcherez de vos semblables, ils vous fuiront comme un être impur.
On le voit aujourd’hui avec la teneur des « débats » sur les réseaux sociaux », nouveau lieu de la foule.
La passion de l’égalité masque la réalité des inégalités par le repli sur soi et la jouissance matérialiste et empêche de lutter pour l’égalisation des conditions.
Ø Pourquoi Tocqueville ne reconnaît pas de légitimité absolue à la majorité ?
La nature du jugement du plus grand nombre ne diffère pas de celle du plus petit.
Il n’y a pas de raison légitime pour que le plus grand nombre soit plus juste.
Seulement, l’intérêt de davantage de personnes est servi par la majorité.
Ø Pourtant, une idée majoritaire n’est pas nécessairement juste, simplement plus puissante.
Ø Mais, du fait que la passion de l’égalité exclut tout pouvoir hiérarchique, et que l’opinion publique ne se présente pas comme un pouvoir, on s’y soumet.
Les individus sont autant soumis à l’opinion publique que l’État.
La majorité trace un cercle autour de la pensée. Si l’écrivain, le journaliste, le philosophe en sortent, ils sont en butte à des persécutions.
Tocqueville remarque que le despotisme s’est ainsi perfectionné : auparavant, il frappait les corps pour essayer d’atteindre l’âme, à présent, il laisse le corps et va droit à l’âme.
Ø Or, si l’État comme les individus sont soumis à l’opinion publique, les sociétés privées, elles, l’exploitent.
ð Le pouvoir grandissant accordé à l’opinion publique est-il un signe de libération du peuple, ou bien l’encouragement des passions grégaires ?
exemple de la nouvelle agora : les réseaux sociaux
Ø Par exemple, si on pouvait espérer que la liberté d’expression promue par la Tech réinstillerait du politique dans la société, par la démocratisation de la parole et la promotion d’un espace public pluraliste.
Ø Elle produit en réalité des effets rigoureusement inverses, par l’effet de deux causes principales :
Ø l’absence de modération de ces espaces entraîne une violence insupportable à l’endroit des locuteurs les plus vulnérables (harcèlement, trolling),
Ø la parole directe conduit à rendre équivalents les opinions immédiates et les arguments rationnels, ce qui conduit à la prolifération de la désinformation.
Ø Deux raisons à ce choix de structure :
Ø les opinions excessives sont préférables afin d’alimenter la production de contenus,
Ø et la monopolisation de l’espace public permet des logiques d’influence politique partisanes.
Une étude universitaire de l’Université technologique du Queensland (QUT)[1] révèle qu'Elon Musk aurait modifié l'algorithme de la plateforme X en juillet 2023, après l'annonce de son soutien à Donald Trump. Cela a entraîné une augmentation de 138% des vues et de 238% des republications de ses posts.
Les chercheurs ont constaté que la croissance de la visibilité des posts de Musk dépasse les tendances générales de la plateforme, suggérant un avantage sélectif.
Ø Autrement dit, il s’agit uniquement de maintenir les conditions économiques et politiques de leur prospérité.
Ø Ainsi, la multiplication des règles permettant l’égalisation des conditions a conduit à une dépolitisation du peuple (accroissement de la crédulité, affaissement de l’esprit critique)
Ø Laquelle a rendu possible la tyrannie du capitalisme technologique, c’est-à-dire la « privatisation du droit à la propagande » (Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie, France culture, 2025).
Ø Menant la foule à accepter, « pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs » (Tocqueville), la destruction des règles de protection du bien commun (ex. de l’autorisation des discours de haine).
Ø « Loin du rêve de Gutenberg (1400-1468) d’un partage des connaissances, nous revenons à une ère pré-Gutenberg de concentration du savoir et du pouvoir entre les mains d’une minorité. » Shoshana Zuboff, professeur émérite à Harvard Business school. L’âge du capitalisme de surveillance, 2018.
ð Quel rôle une telle situation assigne-t-elle à l’Etat ?
TXT 16
« Dans les siècles d’égalité, chaque individu est naturellement isolé ; il n’a point d’amis héréditaires dont il puisse exiger le concours, point de classe dont les sympathies lui soient assurées ; on le met aisément à part, et on le foule impunément aux pieds. De nos jours, un citoyen qu’on opprime n’a donc qu’un moyen de se défendre ; c’est de s’adresser à la nation tout entière, et, si elle lui est sourde, au genre humain ; il n’a qu’un moyen de le faire, c’est la presse. Ainsi la liberté de la presse est infiniment plus précieuse chez les nations démocratiques que chez toutes les autres ; elle seule guérit la plupart des maux que l’égalité peut produire. L’égalité isole et affaiblit les hommes ; mais la presse place à côté de chacun d’eux une arme très puissante, dont le plus faible et le plus isolé peut faire usage. L’égalité ôte à chaque individu l’appui de ses proches ; mais la presse lui permet d’appeler à son aide tous ses concitoyens et tous ses semblables. L’imprimerie a hâté les progrès de l’égalité, et elle est un de ses meilleurs correctifs. » Tocqueville, De la démocratie en Amérique.
ð Qu’est-ce que l’exemple de la presse permet de déduire quant à la position de Tocqueville vis-vis de l’État ?
Pour Tocqueville, il ne s’agit pas de vouloir abolir l’Etat, ou toute autre forme de pouvoir, mais de lui opposer des contre-pouvoirs.
La presse en est un exemple, ainsi que l’institution judiciaire, ou encore la liberté d’association.
C’est qu’à chaque fois, il faut fournir à l’individu la possibilité de faire valoir sa liberté individuelle, contre l’oppression des lois générales promulguées avec l’appui de la foule majoritaire.
Ø Ainsi, l’État doit tirer sa légitimité non pas du contrôle des comportements,
Ø Mais de la possibilité qu’il offre aux citoyens de résister à une normalisation aliénant le caractère politique de la société.
Ø Pour cela, il doit garantir la possibilité du débat démocratique, en protégeant les contre-pouvoirs (presse, justice, liberté pédagogique, associations citoyennes, etc.).
b) Conclusion :
Ø Les institutions ne peuvent être considérées par les citoyens comme des organes politiques autonomes,
Ø au risque de nier le politique lui-même, comme activité de recherche du bien commun.
Ø C’est donc en garantissant la vitalité des contre-pouvoirs, au-delà de la seule administration de la société, que l’Etat fonde sa nécessité.
CONCLUSION GENERALE
§ Le politique n’est donc pas garanti par la nature, même si des moyens naturels y concourent (le logos).
§ Il faut lui adjoindre le cadre institutionnel pouvant réprimer les tendances extrémistes des groupes humains.
§ Mais la nécessité de l’Etat s’effondre s’il ne crée pas les conditions d’un débat démocratique où les citoyens sont à mêmes de s’affranchir des différentes formes de pouvoir, public et privé.
[1] Auteurs de l’étude : Timothy Graham, professeur de médias numériques à l'Université du Texas, et Mark Andrejevic, professeur de communication et d'études médiatiques à l'Université de Monash.

Commentaires